30 ans que l'Europe et la gauche française se moquent de nous.



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l est des informations qui ne font pas la une des journaux et on se demande bien pourquoi. Les plus informés auront bien lu ici ou là que « Le budget 2017 a été adopté ». Et alors me direz-vous, la belle affaire.
Mais ceux qui ont essayé d'y regarder de plus près n'auront pas manqué cette information
« Le budget 2017 conforte dans la durée les baisses d’impôt pour les entreprises. Le taux d’impôt sur les sociétés baissera donc progressivement pour atteindre 28 % en 2020 (contre 33,3 % aujourd’hui). Le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) passera quant à lui de 6 % à 7 %. »

Et Gattaz d'applaudir des deux mains, le père Noël ne l'aura pas oublié cette année, lui et les siens.
Un beau cadeau, tellement beau, tellement clinquant qu'on se garde bien de nous en indiquer le prix: des dizaines de milliards sans doute... Une paille... Mais qui s'en préoccupe: nous sommes tellement habitués à tous ces cadeaux mirifiques faits au patronat. Mais qui s'en préoccupe, et surtout, qui se préoccupe de savoir où seront faites les coupes budgétaires nécessaires pour faire plaisir à Gattaz et sa clique de requins. Baisses de budget des hôpitaux? De la Justice? De la Culture? Augmentation de quelques taxes bien ciblées, de celles qui grèvent le plus le budget des petites gens ou des classes moyennes? Augmentation de la TVA? Des impôts locaux? L'éventail est large, et en la matière, ils sont imaginatifs.
Plus incroyable, le patronat ne daigne même plus dire merci, sans doute désirerait-il plus encore...

Cette générosité, surtout chez les gouvernements de gauche, ne date pas d'hier comme le montre le graphique de cet article. Par contre, il fut un temps où elle n'était pas considérée comme allant de soit.
En 1991, Les Echos commentaient ainsi la baisse proposée: « Le coût de la baisse des taux de l’impôt sur les sociétés est énorme, puisqu’il est estimé à 13 milliards de francs ». Cette même année, la presse financière exprime sa stupéfaction de pareille "offrande" que « la gauche » s’apprête à faire au patronat : la Tribune insiste d'ailleurs en ces termes:« Cette mesure, qui coûtera à l’état 7,7 milliards de francs en 1993, est un cadeau fiscal aux entreprises, mais également à leurs actionnaires ». Difficile d'être plus explicite.impot.jpg

Pour ceux qui seraient trop jeunes pour garder mémoire de cette période, n'imaginez pas que la France était florissante à cette époque ce qui aurait autorisé pareils cadeaux. Que nenni. La situation en 1991 n'est guère encourageante. Rappelez-vous:Rocard, Cresson: la gauche au pouvoir... Le gouvernement affirme sans cesse qu’il faut "des réductions budgétaires". Réponse: un prélèvement de 0,9 % des cotisations sociales, l’augmentation du forfait hospitalier, les mini-augmentations de salaire. Que du social: plus fort encore, l’Etat soutire « 500 millions de francs sur les bénéfices d’EDF... Hold-up d'état. A cette époque déjà le refrain entendu mille fois: " Il n’y a pas d’argent dans les caisses." Mais pour les entreprises, rien n'est jamais trop beau: La Tribune reconnait même des "allègements fiscaux conséquents".

Depuis 1971 pourtant, sous des gouvernements de droite, patrons, entreprises, actionnaires même ne semblaient pas se plaindre outre mesure d'un taux d'imposition à 50% sur les bénéfices.
C'est bien avec la gauche de Mitterrand que tout va basculer, chutant de 45% en 1985 à 33% en 1993. Mais pourquoi donc?
Comme le notent les Echos en 1991, il faut voir le "marché unique européen" comme responsable:
"Pressé par la perspective du grand marché de 1993, le gouvernement veut accélérer la réforme de l’impôt sur les sociétés... Si le gouvernement modifie aujourd’hui sa philosophie et accélère la réforme, c’est essentiellement parce que le temps presse : le 1er janvier 1993, le marché unique européen devient une réalité. Il s’agit tout à la fois de mettre les entreprises en bonne position par rapport à leurs concurrentes – le taux moyen de l’impôt sur les sociétés est de 43 % en RFA [Allemagne de l’ouest], 35 % en Grande-Bretagne – et de favoriser les implantations étrangères en France.

Voilà, c'est dit: Depuis 1986, nombre de nos maux viennent de cette satanée intégration européenne. Notre inénarrable Sapin vient avec sa rondouillarde suffisance nous expliquer que " A 28 %, la France aura alors un taux équivalent au taux moyen européen." On est ravis de l'apprendre: mais contrairement au passé, le patronat n'a même pas la décence de se satisfaire de mesures qui privent la nation pour alourdir les poches de patrons et actionnaires0. Gattaz n'en n'a jamais assez, et de promesses en promesses non tenues, il empoche et les chiffres du chômage explosent.
Parce que, voyez-vous, malgré ces baisses répétées et conséquentes, le taux de chômage autour de 5% au milieu des années 80 frise encore aujourd'hui les 10%...
De là à penser que l'on nous prend pour des imbéciles, que l'Europe c'est en fait plus pour ceux qui ont beaucoup et toujours moins pour les autres, il n 'y a qu'un pas...

 

D'après Fakir... http://static.blog4ever.com/2012/01/636480/lien.png



04/01/2017
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