Cinq siècles de colonialisme: Macron a-t-il vraiment tout faux?

Le texte de Ignacio Ramonet / Quelques liens intéressantsCommuniqué de l'Association des pieds-noirs progressistes

 

Lomidine : comment la médecine coloniale a dérapé

 


 

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n avançant que "le colonialisme est un crime contre l'humanité", Macron a lancé un sacré pavé dans la mare. On peut discuter sur le moment et le pays choisis pour cette déclaration... Sur la forme donc... Mais sur le fond? Y a-t-il vraiment quelque fierté à retirer de cet épisode (fort long) de notre histoire, de ses modalités, et surtout, aujourd'hui, de ses conséquences?

Je suis de ceux qui pensent que ce passé colonialiste est une tache indélébile dans l'histoire de nombreux pays. De nombreux pays et surtout leurs habitants ont souffert et souffrent encore aujourd'hui de ce lourd passé.

Donc, même si Macron a mal choisi le moment, même s'il a agit un peu à l'emporte-pièce, sans beaucoup de maîtrise, la question mérite d'être posée. Les réactions de la droite ainsi que de la droite de la droite montrent qu'à l'évidence, ce sujet est clivant et que nombreux sont ceux qui préfèrent maintenir la tête dans le sable en avançant une idyllique et glorieuse période de notre histoire.

 

Lire avec profit cet article du Monde diplomatique, et réfléchir et se documenter avant de hurler avec les loups...

 


 


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inq siècles de colonialisme par Ignacio Ramonet

 

Le Monde diplomatique Cinq siècles de colonialisme

 

 

 

 

En France, les confessions du général Aussaresses sur la pratique de la torture par l’armée française durant la guerre d’Algérie (1954-1962) ont ravivé les débats sur le passé colonial. Comme si, quarante ans après les décolonisations, l’heure sonnait enfin d’ouvrir le livre noir du colonialisme.

 

Ce devoir de mémoire prend, en France, des accents de confrontation dramatique en raison, d’abord, de la violence extrême de la guerre d’indépendance algérienne. Ensuite, parce que, parvenue au crépuscule de sa vie, la génération des soldats engagés dans les combats - ceux qui eurent « vingt ans dans les Aurès » - veut connaître toute la vérité sur ce qui constitua souvent l’expérience la plus forte de son existence. S’y ajoute l’intérêt passionné que portent à cette question d’autres acteurs du drame : les centaines de milliers de rapatriés européens d’Algérie, les familles des harkis, et enfin tous les Algériens et descendants d’Algériens établis depuis en « métropole ».

 

Mais, plus largement, les polémiques sur l’histoire coloniale se multiplient, en Belgique, en Espagne, au Portugal, en Italie, aux Pays-Bas, en Angleterre, etc. Dans tous ces pays, qui eurent jadis un « empire colonial », des expositions , des livres, des films ou des émissions de télévision reviennent sur un passé que les ouvrages scolaires continuent de présenter comme « glorieux ».

 

On découvre ainsi que le colonialisme aura été un mouvement d’expansion de l’Europe qui se répand hors de ses frontières, envahit le reste de la planète pour y exploiter et opprimer ses habitants. Il commence au XVe siècle pour s’achever au cours de la seconde moitié du XXe. A son apogée, vers 1938, l’Europe colonisatrice étend sa domination sur plus de 40 % du monde habité. La Grande-Bretagne et la France possèdent, à elles seules, à la veille de la seconde guerre mondiale, 85 % du domaine colonial existant. Au point qu’on estime que 70 % des habitants actuels de la planète ont un passé colonial, soit en tant qu’anciens colonisateurs, soit comme ex-colonisés .

 

Le fait colonial débute à l’ère moderne avec les grandes inventions et les grandes découvertes qui marquent la fin du Moyen Age. Christophe Colomb met pied en Amérique le 12 octobre 1492. C’est alors que l’Europe, et elle seule, va s’étendre, conquérir, dominer et coloniser. Les premiers à le faire seront les Espagnols et les Portugais. Le pape Alexandre VI, le 3 mai 1493, partagera « les mondes découverts et à découvrir » entre l’Espagne et le Portugal afin que « la foi catholique et la religion soient exaltées et partout amplifiées et répandues (...) et que les nations barbares soient subjuguées et réduites à la foi ».

 

La conquête de l’Amérique se traduit par la destruction des civilisations amérindiennes et par un génocide. Des débats opposent, dès cette époque, partisans et adversaires de la colonisation. Des théologiens se demandent s’il est juste de faire la guerre aux Indiens et de les soumettre en esclavage. Oui, disent les uns, parce que Dieu en a fait des êtres inférieurs, et parce qu’ils doivent expier leurs crimes, leur idolâtrie, leurs vices, leur barbarie. Non, répliquent les autres, parce que Dieu en a fait des êtres semblables à nous, avec les mêmes attributs et les mêmes droits.

Une controverse va opposer, en 1550, à Valladolid, devant une commission de lettrés, les tenants des deux thèses. Juan Ginés de Sepulveda estime que la domination coloniale est un devoir. Bartolomé de Las Casas soutient que c’est une ignominie. Las Casas l’emporte. Mais les « lois nouvelles » ne seront pas appliquées. Et Montaigne, favorable - comme Rabelais ou Ronsard - à une colonisation humaine, pourra dénoncer la fausse gloire des conquistadores en rappelant qu’avec « les foudres et tonnerres de leurs pièces et harquebouses on triomphe sans honneur de peuples nuds ».

 

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Ou cet autre ... http://static.blog4ever.com/2012/01/636480/lien.png

 

 

Et comme on n'en sait jamais assez ... http://static.blog4ever.com/2012/01/636480/lien.png

 

 

Sur la colonisation encore ... http://static.blog4ever.com/2012/01/636480/lien.png

 


 

 

Communiqué de l'Association des pieds-noirs progressistes et leurs amis (ANPNPA)



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ommuniqué suite aux déclarations d'Emmanuel Macron, candidat à la présidence française, sur la colonisation qu'il a qualifiée de "crime contre l'humanité".

Au delà des mots, oui, lʼEtat français est comptable des crimes et des horreurs commis pendant les 132 ans que durèrent la conquête et la colonisation de lʼAlgérie. Oui, la colonisation est la mise en servitude dʼun peuple, la destruction de ses repères sociaux, culturels, économiques, et leur remplacement, imposé par la force, par un système de valeurs étranger à "lʼindigène" où rien ou si peu ne lui est laissé.

Oui, la colonisation de lʼAlgérie sʼest tout au long accompagnée de massacres organisés pour soumettre le peuple, de misère et de famines nouvelles et dévastatrices – avec une population diminuée dʼun tiers de 1830 à 1871 -, dʼacculturation et dʼasservissement. Et si lʼEtat français est comptable de cette réalité, force est de dire quʼil bénéficia dʼun large consensus national, "métropolitain", qui ne se démentit quʼau dernier temps de la guerre dʼindépendance.

Les cris dʼorfraie de la droite et de ses extrêmes, de Fillon aux Cioti et Le Pen, sont logiques et attendus, qui alimentent leur fonds de commerce politique, calculs sordides mêlant louange du passé colonial, racisme, haine et rejet de lʼautre. Attendues aussi sont les réactions outrées de certaines associations de harkis et de pieds-noirs dʼextrême droite, qui ne sont que les immédiats relais de leurs mentors politiques.

Et pourtant, que ces réactions sont inappropriées, absurdes : les harkis ont été doublement victimes, dʼabord comme sujets indigènes puis comme supplétifs forcés de ce qu'on leur fit faire puis subir ; les pieds-noirs ont été autant bénéficiaires que victimes du système colonial. Ce nʼest pas à eux mais à lʼEtat français de rendre compte des crimes de la colonisation !

LʼAssociation des pieds noirs progressistes et leurs amis (ANPNPA) réitère son appel à la reconnaissance par le plus haut de lʼEtat français des crimes et des horreurs qui furent alors commis : reconnaître officiellement la réalité du colonialisme, sans repentance ou demande de pardon aux hommes ou à un Dieu ! Au-delà de mots, que le candidat Emmanuel Macron dépasse ses propos contradictoires sur la colonisation, dʼœuvre civilisatrice à crime contre lʼhumanité, et nous rejoigne dans lʼappel international lancé par Le Cour Grandmaison pour la reconnaissance des crimes coloniaux commis par la France !

 


 



Lomidine : comment la médecine coloniale a dérapé

 

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ans une enquête impressionnante, l'historien Guillaume Lachenal exhume ce "scandale pharmaceutique" qui en dit beaucoup sur la colonisation.

 

14 novembre 1954, au Cameroun. Comme chaque année, le Service d’hygiène mobile et de prophylaxie (SHMP) fait étape à Gribi, petite communauté à l’Est du pays, pour l’injection annuelle de Lomidine. Soulager l’Afrique de la maladie du sommeil est la priorité des services de santé coloniaux d’après-guerre, en même temps que l’emblème de leur médecine tropicale triomphante et sociale.

Six ans déjà que, du Congo belge au Sénégal, des camions sillonnent le continent noir, pour la «piqûre de la santé» contre le trypanosome, parasite aux allures de dragon microscopique responsable de la maladie. Tandis qu’en métropole la mouche tsé-tsé tourbillonne sur l’imagier de l’écolier, la politique sur le continent noir c’est la piqûre pour tous - on parle de «lomidinisation totale».

Les villageois n’ont pas le choix, le traitement est obligatoire en dépit de l’abolition du Code de l’indigénat, et selon un rituel désormais familier: les longues files d’attente sous un soleil sans pitié, les prélèvements sanguins, l’examen de chaque lame de sang par des auxiliaires recrutés parmi les autochtones et chargés de s’assurer que l’on ne piquera pas des gens déjà malades, le traitement étant administré à titre préventif et efficace en cela – du moins croit-on savoir car, dans quelques années, la vérité va se révéler toute autre.

L’injection dans la fesse est très douloureuse. Des effets secondaires plus que préoccupants sont minimisés dans toutes les publications (déjà): vertiges, vomissements, diarrhées, baisse brutale de la tension artérielle, si bien qu’on impose parfois le repos après la piqûre et ce sont des villages entiers qui se retrouvent allongés sur le sol.

 

Lire la suite ici   http://static.blog4ever.com/2012/01/636480/lien.png



20/02/2017
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