Comment Sanofi creuse le trou de la sécu


http://static.blog4ever.com/2012/01/636480/q.gifue ne dit-on pas sur le déficit de la sécurité sociale. Il serait en grande partie dû à l’incivilité des malades qui se goinfreraient de médocs aux frais de la princesse. Mais, au-delà de cet enfumage classique, on parle peu d’une de ses causes principales: le prix toujours plus élevé de certains médicaments. Une certitude, le système de fixation des prix et des taux de remboursement permet aux entreprises pharmaceutiques d’accumuler des profits considérables, aux dépens bien entendu du déficit de la sécu.

Preuve de la responsabilité éclatante de l’industrie pharmaceutique, le témoignage, publié par la Revue Projet, d’un ancien cadre de Sanofi qui démonte le mécanisme qui permet à cette firme de gonfler artificiellement le prix de vente en France de certains de ses médicaments, dont le Plavix, un de ses produits phare.

 


Voici le début de son témoignage :

 

« Parmi les paramètres servant à fixer le prix d’un médicament [et le taux de remboursement par la sécurité sociale], deux dépendent de l’entreprise : le coût du développement et le prix de revient. (...) Un des outils de calcul du coût du développement est le prix du comprimé ou de la gélule qui ont servi aux essais cliniques. Si l’essai (ou une partie de l’essai) a lieu à l’étranger, les échantillons cliniques sont déclarés en douane et ces déclarations seront confrontées par les services concernés aux déclarations de prix de revient du médicament. Mais la valeur déclarée en douane n’est en général pas contrôlée – du moins ne l’était-elle pas au moment du développement du Plavix. La direction financière du groupe, seule source pour les douanes, pouvait donc parfaitement déclarer des valeurs sans rapport avec le coût de l’échantillon clinique utilisé dans l’essai. Et définir ainsi en partie le coût du développement.

 

Or c’est sur le principe actif que les groupes pharmaceutiques réalisent la plus grosse part de leur profit industriel. Rien n’empêche une société pharmaceutique du groupe de fabriquer le médicament en achetant le principe actif à une société chimique du même groupe, et rien n’empêche celle-ci de le lui facturer très cher. La marge de la société pharmaceutique peut être nulle ou faible, et celle de la société chimique atteindre des sommets, le groupe engrangeant la somme des bénéfices. Autrement dit, le prix de revient du médicament peut être artificiellement gonflé par le prix de vente du principe actif de la branche chimie à la branche pharmacie.

Dans le cadre du projet sur lequel je travaillais, le principe actif était fabriqué en France et le comprimé était lui aussi fabriqué et conditionné en France. Au début du développement de ce futur médicament, Sanofi Recherche achetait en France principe actif et médicament. Mais, dès que les espoirs de mise sur le marché ont été jugés suffisants, c’est à Sanofi-Chimie (Suisse) qu’il fallut acheter le principe actif, à un prix bien supérieur, alors qu’il était fabriqué dans une usine du sud de la France et livré dans une autre usine du sud de la France ! Ainsi, tandis que les profits de la vente de ce principe actif partaient à l’étranger pour y bénéficier d’une fiscalité avantageuse, le prix de revient du futur médicament pouvait s’accroître au seul profit du groupe Sanofi (du fait de l’augmentation artificielle de son coût de développement). »

 

 

Ceux qui veulent en savoir plus iront sur le site de la Revue Projet.

 



07/02/2016
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