Jacqueline Sauvage: le calvaire continue.

 

http://static.blog4ever.com/2012/01/636480/i.gifl est des jours comme aujourd’hui où on se sent envahi par la rage. Une violente colère frappée d’impuissance, un dégoût. Ainsi, Madame Sauvage ne sera pas libérée. Toute la bassesse de cette grâce présidentielle partielle prend maintenant toute sa terrible signification. Il n’a pas eu de courage, elle reste en prison par la volonté d’un tribunal qui avait sans doute des motivations plus politiques que strictement juridiques. Vengeance d’une corporation de nantis bouffis d’orgueil et désireux de mener le monde face à un président partiel et ses décisions à minima.

Madame Sauvage reste en prison et c’est un scandale ! Alors, au risque de paraître très politiquement incorrect, je dirai que les arguties juridiques qui ont motivé cette incroyable décision ne sont que des balivernes qui noient le problème dans un brouillard opaque.

Car de quoi s’agit-il ? Cette femme a été, pendant des décennies, martyrisée, tyrannisée par un mari d’une violence inouïe. Il a violé ses propres filles ! Cette femme a supprimé un individu abject, un de ces êtres qui désespèrent de croire en l’homme. Une honte ! Alors, avec des mots joliment choisis, on nous explique aujourd’hui que Madame Sauvage n’a pas pris conscience suffisamment de la gravité de son geste, Qu’elle se présente encore trop comme victime. Mais bien sûr qu’elle est victime, elle est encore et pour toujours victime de la folie de cet homme qui aura brisé sa vie entière. La justice craindrait qu’elle puisse éventuellement récidiver ? En voila un argument de poids… Tant que son chemin ne croisera pas un autre psychopathe, je ne vois pas de raison qu’elle passe à nouveau à l’acte.

Madame sauvage aura donc, dans sa vie, souffert de l’injustice d’une vie avec un bourreau, et aujourd’hui, d’une prétendue justice des hommes qui l’enferme encore et la fait souffrir comme si elle n’avait pas enfin le droit à un peu de paix.

Alors, je le redis, quelles que soient les raisons qui ont motivé la décision de ce tribunal, elles sont intolérables, sans rapport avec l’affaire et le calvaire de cette femme. Elles nous plongent dans un abîme de doutes et de suspicion. Cette justice qui s’acharne contre une femme qui, à bout de souffrance sans doute, a un jour éliminé celui qui la torturait, mais qui libère des grands délinquants, qui gracie des fraudeurs, qui n’inflige que du sursis à d’anciens ministres qui ont plongé profond les mains dans la confiture, qui ne poursuit pas des politiques empêtrés pourtant dans des dizaines d’affaires louches, cette justice, une justice de mecs au service des mecs, parfois les pires, doit nous inspirer la plus grande condamnation et la plus grande méfiance. Une justice au service des puissants, une justice qui reproche à une mère sous influence de n’avoir pas su protéger ses filles n’est plus une justice, elle est juste un outil de pouvoir au service d’une minorité agissante.

Ce qui arrive aujourd’hui à madame Sauvage doit nous interpeler tous. Il y a parmi nous des monstres qui sont capables de détruire leur compagne, plus de 170 femmes meurent chaque année sous les coups de leur conjoint, mais lorsqu’une d’elle, au bout de la souffrance tue son bourreau, alors la justice machiste se déchaîne et lui fait payer ce crime de lèse majesté.

Honte donc à tous les magistrats qui ont pris cette décision inique, honte à ce président qui n’a pas su prendre la décision qui aurait mis fin au calvaire de cette dame, honte à ceux qui lèvent encore la main sur leur compagne, honte à ce pays qui permet pareille ignominie.

 

 


 

Petit complément d'information:

 

http://static.blog4ever.com/2012/01/636480/g.gifrâce aux avocates de Madame Sauvage nous apprenons que :

Les juges qui ont refusé sa libération conditionnelle ont argué « qu’elle ne peut prétendre vivre à proximité des lieux des faits, dans un environnement qui compte tenu des soutiens dont elle bénéficie risquerait de la maintenir dans une position victimaire ». Selon des extraits du jugement, sa libération l’empêcherait aussi de « s’interroger sur sa part de responsabilité dans le fonctionnement pathologique de son couple ».

Hier, je parlais de jugement machiste: j‘aurais dû dire : horriblement machiste ! Mesdames comprenez par ce jugement et cet argumentaire surréaliste que si vous prenez des coups, il vous faut tout d’abord vous interroger sur les raisons qui justifient pareille ire de votre compagnon… Ensuite, vous serez en mesure de cesser de l’importuner, de le pousser, le malheureux, à vous torturer pour que cessent vos provocations.

Cet argumentaire est odieux : il est du même niveau que celui de tous ceux qui voient une responsabilité de la femme dans le viol. Nous sommes bien, je le confirme, dans un jugement de mecs, par des mecs, pour des mecs. Qui se souvient de Cantat qui n'a effectué que quatre des huit ans auxquels il avait été condamné pour avoir tué sa compagne à coups de poing? Mais lui c'était un mec, pas besoin qu'il prenne conscience de la gravité de son geste! Faire de la victime le responsable, effacer la responsabilité de l’homme violent, le but inavoué de cette justice?

Tous les arguments que j’ai pu entendre aujourd’hui pour soutenir ce jugement tentent de masquer le fond du problème. Sans un mari violent, imprégné jusqu’à la moelle de cette vision de la femme obéissante et soumise, Madame Sauvage n’en serait pas là où elle est et ces porteurs de beaux discours creux resteraient dans le silence d’où rien ne devrait jamais les faire sortir.

Mesdames, votre combat vient d’être sérieusement battu en brèche par cette décision inique. Vous savez aujourd’hui où sont vos ennemis, il reste un long chemin à parcourir. Et beaucoup devraient cesser de regarder ailleurs la paille quand pareille poutre nous écrase.

 



17/08/2016
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